Avertir le modérateur

26/11/2008

Vers l'avenir immédiat

Parmi mes copains left_blogs, il y a beaucoup de « Ségolistes », notamment mes trois compères du « top 4 ». Autant je n’ai jamais compris qu’ils puissent soutenir Ségolène Royal à ce point, autant je les comprends parfaitement dans leur motivation de rénover le fonctionnement du Parti Socialiste.

 

D’ailleurs, dès le début de l’aventure des lelf_blogs et ma rencontre des premiers militants, qu’ils en fassent partie ou non, j’ai compris le déficit de démocratie et un certain noyautage de quelques instances. La récente mésaventure de Marc, qui n’a pas pu se présenter pour le poste de « Premier Fédéral ». On peut interpréter cette histoire de différentes manières et soutenir « la défense » en s’appuyant sur les statuts du Parti, il n’empêche que sur le fond, c’est gênant de voir un type avec 15 ans d’ancienneté jeté dans ces conditions !

 

Martine Aubry est maintenant désignée Première Secrétaire, c’est à elle que reviendra la devoir de dépoussiérer tout ça. Certains ne lui font pas confiance, d’autres pensent qu’elle peut le faire. Moi, je m’en fous. Enfin non, j’espère qu’elle le fera. Je m’en fous dans le sens où ça ne sont pas mes oignons : je ne suis pas membre du Parti Socialiste mais simple tenancier de deux blogs politiques, le premier avec 3000 visiteurs par mois, l’autre 14000. Autant dire : rien, c’est pour ça que j’ouvre ma gueule.

 

Et j’en profite, pour sortir le premier des trois messages que je voudrais faire passer dans ce billet.

 

Hop : il faut que le linge sale se lave en famille, les histoires de statuts, d’élections internes, de fédérations, … n’intéressent a priori pas le grand public et, surtout, ne le regarde pas. Pendant cette période de congrès, la presse a beaucoup parlé de combats de boue mais assez peu d’idées politiques. Il faut que cela cesse, il n’y a rien de plus repoussoir que ces duels d’égos, ces batailles de chiffres, ces contestations de scrutin.

 

Un gros mal a été fait. J’ai entendu dire, parmi les « Ségolistes », que le probablement mauvais score aux prochaines élections Européennes serait d’ores et déjà à imputer au premier secrétaire (comme Michel Rocard, en 1993, si ma mémoire est bonne), donc Martine Aubry. Non ! La défaite est à imputer au Parti actuel et à toutes les baffes données par les uns et par les autres dans cette période, notamment les Ségolistes qui ont crié à la triche pendant trois jours, probablement pour faire entrer dans l’opinion publique que les socialos ne sont que de vils tricheurs… En plus, comme les Ségolistes ont perdu la première manche, les socialos vont en plus passer pour des infâmes roquets.

 

Le deuxième message concerne l’éventualité d’une plainte déposée devant la justice pour faire annuler l’élection. Si la justice donne raison « aux plaignants », il y a bien sûr des inconvénients à court terme, en termes d’image et de bordel lié à la probable nécessité de reprendre le congrès à zéro.

 

Mais ça ne serait que la face cachée de la chose.

 

Si la justice donne raison, ça équivaut à invalider tout le processus électoral du Parti Socialiste : s’il y a des fraudes avec le système actuel, il y a nécessairement eu des fraudes pour les précédentes élections qui sont donc éminemment suspectes. Ainsi, le récent vote pour le changement des statuts pourraient être annulé, de même, pour ne remonter qu’au précédent congrès, toutes les décisions de la direction actuelle et de François Hollande.

 

Mais on s’en fout : il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit.

 

La problème, c’est qu’en invalidant la dernière version des statuts, la notion même d’adhérent du PS est invalidée (qui contrôle les listes, les fichiers ? qui valide les adhésions ? …). Il n’y a donc aucun moyen de valider un nouveau changement des statuts ou toute autre réforme du mode de fonctionnement !

 

C’est la mort du PS. Avant de dire que je ne raconte que des conneries, réfléchissez bien. S’il y a une décision de justice à l’encontre du PS sur le fondement même de son fonctionnement démocratique, c’est TOUT LE PS QUI SAUTE. Soyons gentil : qui risque de sauter si des méchants poussent le raisonnement à fond.

 

Il faudrait donc reconstruire entièrement le PS. Dans le meilleur des cas, il pourrait conserver ses postes d’élus et son pognon…

 

Le troisième message que je voulais aborder, je l’ai déjà abordé hier dans ce même blog. La notion d’adhérent à 20 euros est bien jolie, même très bien pour les militants désargentés, mais elle ne doit pas se traduire par un bradage des voix ! Un militant doit être bien intégré dans le parti, participer aux réunions, distribuer des tracts, coller des affiches, manifester et un tas de trucs que je ne peux pas imaginer, je ne suis pas militant adhérent du PS et ne souhaite pas, actuellement, le devenir.

 

Pendant longtemps, j’ai été dirigeant d’une association « d’éducation populaire ». Nous avions la notion de « membres amis » qui permettaient principalement aux parents de disposer d’une assurance quand ils transportaient des mômes ou aux anciens membres de garder une jambe dans la boutique et d’aider l’association par une cotisation… Un jour, on s’est rendu compte que statutairement, on ne pouvait pas distinguer les « membres amis » des autres membres, contrairement à ce qu’on croyait, de bonne foi.

 

Quand on s’en est rendu compte, on a découvert deux dommages collatéraux. D’une part, il nous fallait convoquer tous les membres dans les instances (Assemblées Générales et congrès) ce qui faisait perdre du poids aux vrais acteurs du terrain. D’autre part, ça ne s’est jamais passé, mais il était devenu très possible de noyauter une instance !

 

Imaginez une section du PS avec 20 membres. Un type prend pour ses proches pour 100 euros d’adhésion. Une cotisation à 20 euros pour sa femme, une pour chacun de ses parents et une pour chacun de ses beaux parents. Il se retrouve majoritaire. Bel exemple de démocratie !

 

Ce n’est pas en cotisant qu’on devient militant, mais en militant…

Commentaires

oui. au boulot.

Écrit par : elmone | 26/11/2008

bien dit, tiens j'y avais pas pensé à cette histoire de noyautage par les cartes...

Écrit par : Gaël | 26/11/2008

Nicolas, bravo ! Je crois que c'est l'un des meilleurs billets que j'ai lu sur toute cette phase électorale (à part mes propres billets, bien sûr !)

République des blogs ou pas ce soir ?

Écrit par : Mathieu L. | 26/11/2008

Non ! Tu sais bien que je ne suis pas sortable !

Écrit par : Nicolas J | 26/11/2008

Et merci !

Écrit par : Nicolas J | 26/11/2008

Puisses-tu être entendu par les militants favorables à Ségolène Royal !
:-))

Écrit par : monsieur Poireau | 26/11/2008

Poireau,

Tu rêves ?

Écrit par : Nicolas J | 26/11/2008

Je suis un utopiste, tu sais bien ! :-))

Écrit par : monsieur Poireau | 26/11/2008

Je suis pas vraiment d'accord avec toi Nicolas.
Le nombre de personnes qui ont le temps de militer activement comme tu le dis est forcément très réduit. C'est pourquoi il y a une grosse différence entre la population « militants PS » et la population « sympathisants PS » ; il ne faut pas se voiler la face, le PS est majoritairement composé de fonctionnaires et assimilés (de l'EN notamment) qui ont le temps de militer.
Le problème est donc que ceux qui prennent les décisions pour le PS, les militants, ne sont vraiment pas représentatifs de la population que le PS prétend représenter. Ainsi, le PS s'enferme de plus en plus dans son dogmatisme. En ouvrant le PS aux sympathisants, aux supporters, on aurait un PS plus en phase avec ses électeurs traditionnels, et ils seraient peut être moins difficiles à mobiliser lors des élections importantes.
D'autre part, les cotisations basées sur le revenu c'est bien gentil, mais il n'y a pas que le PS dans la vie. Quand tu participes à d'autres associations, il faut aussi débourser de l'argent. Je pense que le PS perd pas mal de militants PS-compatibles, qui préfèrent s'engager sur le terrain et utiliser leur budget « cotisation » pour des associations qu'ils jugent plus efficaces. En baissant le montant des cotisations, peut être que ces « militants associatifs » auraient également l'opportunité de soutenir le PS.

Écrit par : Bob | 27/11/2008

Bob,

Merci pour ton com.

Il ne s'agit pas que de militer mais d'avoir un vrai engagement, une vraie pensée politique, et éviter les "effets de mode".

Un type qui se dit "Ségolène Royal est très bien" (ça n'est qu'exemple) pourra adhérer vite fait au PS par émulation avec des potes en se disant "c'est elle qui nous faut pour être présidente" sans se poser la question de ce qu'elle fera quand elle sera présidente et surtout si elle a les capacités à être élue. Le coeur parlera plus vite que la raison.

"Cotiser" au PS n'est pas qu'un soutien, c'est aussi mettre le PS en position de gagner. D'ailleurs, je m'assimile un peu à ces adhérents à 20 euros (vue l'énergie que je dépense dans les blogs, je mérite bien une réduction !), a savoir que je donne mon avis, pousse des coups de gueules mais je ne sais pas comment une élection se gagne, comment on batit un projet...

Écrit par : Nicolas J | 27/11/2008

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu